Lundi 8 février 2010

Rien de "vaovao" sous le soleil



Les gens se demandent quelles sont les nouvelles : "Inona no vaovao ?" Parce que la date fixée par Jean Ping, président de la Commission de l'Union africaine, a expiré samedi, avant-hier. Et s'il n'y avait pas de "vaovao", s'il n'y en avait plus du tout, s'il devait ne pas y en avoir tout bonnement ?

De "vaovao", on peut citer les caddies neufs dont s'équipe enfin Jumbo Score, un an après les pillages du 26 janvier 2009. Les chariots d'avant étaient crasseux, grinçants et dérapaient sur des "pattes folles". Voilà une nouvelle véritablement à l'échelle de notre île-continent. Un pays suffisamment nombriliste pour se croire le centre du monde, tandis qu'il évolue à la périphérie d'un Département français d'outre-mer. Pour la réception de ces nouveaux caddies, je crois même que l'enseigne aurait pu faire appel à un ministre inaugurateur de chrysanthèmes sans que cela scandalise grand monde. Dons de scooters, réception de toilettes publiques, inauguration de robinets, etc., on a pris l'habitude…

Est-ce "vaovao" que les politiciens se disputent la "Jeunesse" et les "Sports" ? C'est, généralement, pour se constituer une clientèle électorale ou engranger des militants plus ou moins bénévoles. Ils appellent cela "aller vers la base" ou "faire du terrain". Car, les membres des clubs privés, dûment cooptés, ne sont pas concernés par les péripéties qui affectent les directions ministérielles. Il commence même à se dire que les compétitions (sinon les championnats) les mieux organisées sont, finalement, celles "privatisées" de fait, faute de structure étatique fonctionnelle. Enfin, si la "Jeunesse" et les "Sports" malgaches se portaient bien, on l'aurait appris ! Et ce serait un fameux scoop. Nous sommes ce pays où les apparitions médiatiques du ministre de tutelle sont inversement proportionnelles à l'absence de performances internationales du sport malgache. Là, non plus, ce n'est pas "vaovao".

Qu'on annonce le pétrole malgache indéfiniment imminent, n'est pas "vaovao". Ce qui est symptomatique, quand on voit ceux qui avaient une trentaine d'années au moment où les Mahaleo chantèrent "Bemolanga", en avoir pris trente autres, sans que les paroles de la chanson aient pris une seule ride. Un jour, que les auteurs de la chanson, et leurs fans des premiers jours, auront pris trente autres années supplémentaires (puisque c'est l'époque de l'année où l'on se souhaite "mille ans à vivre"), il ne sera même pas encore trop tard. Madagascar est ce pays d'avenir qui le restera. Ce n'est pas "vaovao" depuis une prophétie-malédiction du Général de Gaulle, voilà cinquante ans.

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