Inattendu ! En exclusivité sur Radio Antsiva, le Colonel Charles Andrianasoavina a témoigné en détail hier des événements de mars 2009, déclenchés notamment le 08 mars par la mutinerie des jeunes officiers du CAPSAT. Sans fioritures, avec le langage franc et sincère qu'on lui a toujours connu, le Colonel, alors Commandant à l'époque, remonte dans sa narration à la journée du 07 février 2009, date sombre du massacre de plusieurs manifestants devant le Palais d'Ambohitsorohitra. Cette fusillade nourrie sur la foule sans armes avait choqué de nombreux officiers dont le Commandant Charles. Il avait donc remué ciel et terre pour faire savoir combien ce massacre était indigne et qu'il n'était plus possible de recevoir d'ordre du Président (à l'époque) Marc Ravalomanana. Un communiqué fréquemment radiodiffusé émanant d'un collectif des jeunes officiers appelait les aînés (zoky) en grade à prendre leurs responsabilités, faute de quoi ces jeunes officiers entreraient en action. Le communiqué spécifiait également qu'un Directoire Militaire ne serait pas acceptable. C'est ainsi que la prise d'une caserne, le RAS (Régiment d'Appui et de Soutien) fut organisée pour le 25 février. Or, à cette date précise, la femme du Commandant Charles décédait. Cet événement imprévu mettait fin d'office à la prise du RAS. L'idée avait fait son chemin puisque pendant que le Commandant Charles rendait les derniers hommages à sa compagne, les sous officiers du CAPSAT se mobilisaient dans la journée du 08 mars 2009, un dimanche, qui vit le CEMGAM –Chef d'Etat –Major- de l'époque, le Général Rasoamahandry bien embarrassé. Tout s'est alors passé très vite. Le Commandant Charles se procurait des armes à l'Etat-Major d'Andohalo, prenait des véhicules et rejoignait les éléments du CAPSAT. De fil en aiguille on apprend que le Commandant ne connaissait pas personnellement Andry Rajoelina à l'époque. De plus, il y eut une tentative de Marc Ravalomanana de donner une somme de 8milliards de Fmg au Commandant et à ses cinq alliés. Très vite, la prise d'Ambohitsorohitra le 16 mars a été évoquée, et le récit de la fameuse journée du 17 mars termine la narration du Colonel Charles Andrianasoavina. Il était alors garde personnel d'Andry Rajoelina, depuis la Place du 13 mai dans la matinée jusqu'à la réunion à l"Episcopat d'Antanimena dans l'après-midi. Il a reconnu avoir été dur ce jour-là avec les officiers du Directoire Militaire. C'est lui, Commandant Charles à l'époque, qui a exigé du Directoire Militaire le transfert des pouvoirs à Andry Rajoelina. Une révélation pour le moins inattendue, par rapport à ce qu'a toujours affirmé le Contre-Amiral Hyppolite Ramaroson.